Lire en temps de confinement…

Brigitte,

du service de Documentation du Vicariat,

nous partage ses lectures

Aux sources de l’Église – M.-N.Thabut – Salvator


L’auteur nous propose une lecture continue des Actes des Apôtres afin de nous faire découvrir la vie de ces premières communautés chrétiennes et ce qu’elles ont à nous apprendre : « Le livre des Actes des Apôtres porte bien son nom : en l’ouvrant nous poussons littéralement la porte des premières communautés chrétiennes. Facile à lire, passionnant, il est aussi réconfortant et lumineux : notre propre foi s’en trouve revigorée. Ces premiers chrétiens tout émus encore de leur découverte de l’Évangile nous invitent à devenir témoins à notre tour. »

En ce temps pascal, chaque jour nous découvrons dans la liturgie un extrait des Actes et en écho, ce livre nous offre le commentaire de l’auteure qui nous permet d’en approfondir le sens. Je vous propose un extrait de son commentaire des Sommaires (les chapitres 2 à 4 qui illustrent la vie « idyllique » des premières communautés) :

« Ces portraits dressés par Luc des premières communautés sont très beaux, presque irréels. Et lui-même, il faut bien le dire, en dessinera un peu plus loin d’autres tableaux moins souriants. Mais il tient à nous les présenter car il s’en dégage une leçon d’Espérance. Dans cette nouvelle manière de vivre instaurée par les premiers chrétiens, il voit la preuve que les temps messianiques sont arrivés : les apôtres sont devenus capables de vivre en frères, grâce au don de l’Esprit. En particulier, le dépouillement personnel et le partage de tous les biens, voilà une chose irréalisable pour des hommes ordinaires… à moins qu’ils ne soient habités par l’Esprit de Dieu, celui que le Christ lui-même leur a insufflé.  »

En ce temps de confinement et dans l’attente de la Pentecôte, puissions-nous déjà vivre de l’Esprit et lui demander de nous inspirer les gestes de solidarité « à distance » qui feront de nous les témoins de l’Espérance.


Célébration de l’Inespéré – D. Decoin, E. Gondinet – Albin Michel – 2003


« La résurrection du Christ pulvérise cette idée reçue que les morts n’ont plus rien à faire avec les vivants. Par Lui, avec Lui et en Lui, les deux mondes réputés antinomiques ne le sont plus. Ils fusionnent, entrent en harmonie comme ces instruments de musique qui, pour différents qu’ils soient, s’associent pour jouer ensemble. La mort n’est pas seulement défaite, elle devient vie. »

Celebration-de-l-inespereLa collection « Célébrations » propose d’aborder divers thèmes spirituels par une méditation d’un écrivain contemporaine et ensuite par un parcours artistique commenté par un historien d’art. Celui-ci nous fera découvrir comment de grands peintres ont représenté ce thème et exprimé ainsi leur foi.

En ce temps pascal, j’ai redécouvert ce Célébration de l’Inespéré dans lequel Didier Decoin nous offre une méditation de la résurrection du Christ empreinte d’humour et de lyrisme. Je vous en partage ici deux extraits. Quant à la balade artistique, elle nous donne à voir comment chaque artiste a (ou pas car dans un premier temps, cela était inconcevable) représenté le Christ ressuscité et ce qu’il nous transmet comme message, comme méditation picturale sur cet événement inouï qui transforme toute vie humaine. »

« L’ange du sépulcre est tout aussi clair, net et précis (ndlr : que l’ange Gabriel) : il sait, dit-il, que les femmes cherchent le crucifié ; mais celui-ci n’est pas là, il est ressuscité comme il l’avait annoncé, et il précède ses ami(e)s en Galilée. Et Matthieu de prêter à l’ange cette ultime parole : ‘Voilà, je vous l’ai dit’. Ces derniers mots ne sont pas aussi anodins qu’il y paraît – les anges ne parlent jamais pour ne rien dire. Et ce que nous entendons d’abord comme une conclusion est peut-être au contraire une ouverture, un prolongement qui, à travers les femmes au tombeau, nous concerne tous : ‘J’ai beau être un ange rompu aux merveilles de Dieu, semble vouloir dire le messager céleste, je suis parfaitement conscient de l’énormité de ce que je viens de vous révéler. Et je comprends que vous en soyez toutes tremblantes, mes pauvres petites ! Mais il faut vous ressaisir. Car désormais ce message est vôtre, désormais sous votre seule responsabilité : l’annonce de la résurrection cesse d’être parole d’ange pour devenir cri de joie de l’humanité toute entière.’ »


L’évangile de la résurrection – J. Moingt – Bayard – 2008

« La résurrection ne nous est pas proposée comme un repos dans la béatitude loin des tracas de la terre ni comme une récompense individuelle et chèrement acquise, ni comme un mirage rejeté dans le futur inatteignable d’une explosion cosmique. C’est un don, oui, mais aussi un travail à entreprendre avec le Christ ; pour l’éternité oui, mais dès maintenant et dès ici-bas. Ressusciter avec lui, c’est porter sa charge d’humanité, prendre l’avenir du monde en charge, participer à l’œuvre créatrice de Dieu, actualiser son dessein sur l’univers, mettre au monde patiemment une humanité nouvelle, affranchie de ses haines et de ses peurs, réconciliée avec elle-même par les liens de l’Esprit Saint. (…)

La foi en la résurrection de Jésus n’est pas une croyance dans un prodige insolite ni dans un mythe d’un autre monde, c’est (…) une décision de tous les instants, engagement à vivre d’une vie toujours nouvelle parce que sans cesse arrachée à la complaisance en soi, à l’inertie, à la suffisance : là est la vraie difficulté de croire à la résurrection et le sérieux de la foi que nous mettons en elle.  »

Ce livre reprend les méditations données par l’auteur pour une retraite de carême : La résurrection est le tout de la foi chrétienne, évènement de l’histoire, évènement de salut et évènement de révélation. Révélation de l’identité profonde de Jésus : Fils de Dieu qui est au cœur de notre foi, qui illumine la relecture de sa vie terrestre et permet aux disciples de rédiger leur témoignage de cette vie à la lumière de Pâques et des apparitions. Révélation aussi de la Trinité à contempler dans l’intimité entre Dieu et Jésus et à vivre par l’Esprit. Cet Esprit qui habite l’Eglise et la pousse à témoigner de la Résurrection.


Le petit livre de la consolation – Jean Humenry – Ed. Salvator

« Je vais glisser un petit mot qui viendra s’installer au creux de ton oreille. Juste un petit mot de tendresse. Rien n’aura son pareil. Il saura te consoler. Il saura te réchauffer. Il saura t’émouvoir. Il sera comme un petit soleil, une feuille d’automne, un perce-neige, une fleur de muguet. Il saura te parler de pardon et d’amour. Il saura t’inventer des futurs, des promesses. Mais surtout du présent. Du maintenant. Du tout de suite. Il va s’installer dans ton cœur, dans tes rêves, dans tes yeux. Juste un petit mot de tendresse. » Ce livre propose une compilation de textes sur le thème de la consolation car toute souffrance mérite un peu de douceur et de consolation. L’auteur propose ses propres textes mais aussi ceux de Sylvie Meheut, Laurent Bayart et Jean-Yves Bonnamour qui déclinent ce thème selon diverses approches consolantes : les mots, les gestes, les histoires, la confiance, la paix, la prière, l’humour, le pardon,… Une mine d’inspiration pour tous ceux qui souhaitent trouver les mots qui consolent.


Petit traité de l’abandon – Alexandre Jolien – Seuil – 2012

Par son sous-titre « Pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose », l’auteur, infirme moteur cérébral, philosophe et écrivain, donne le ton : nous partager son expérience dans l’apprentissage du lâcher-prise afin de ne plus refuser le réel, d’accueillir ce qui est, sans résister, sans lutter jusqu’à l’épuisement, arriver à s’aimer et à aimer sa vie telle qu’elle est. Croyant, fortement inspiré aussi par le zen, ce qui peut rendre difficile la lecture pour certains, il trace, entre joies et blessures un chemin vers l’abandon en déclinant à la façon d’un abécédaire au fil des chapitres, diverses attitudes qui peuvent mener au lâcher-prise et à vivre pleinement le moment présent pour plus de joie et de paix. A noter de belles pages sur la confiance, la prière, la joie, la gratuité, … Son approche zen peut étonner ou déranger mais enrichit aussi l’approche qu’il propose.En ce temps de coronavirus et selon cet enseignement, laissons passer la peur, et découvrons les coins de ciel bleu qui peuvent y exister : solidarité, temps pour soi,… Puisons au fond de nous-même la paix et la joie d’être aimé et d’aimer.


Étranges visages de Dieu – Jean-Louis Ska – Bayard

« La Bible nous enseigne qu’il n’existe aucune expérience humaine de laquelle Dieu puisse être absent ». Dieu se révèle en agissant dans l’histoire humaine, il rejoint les hommes dans leur histoire quotidienne. Ce livre nous propose donc de cheminer à travers la Bible à la rencontre de ce Dieu révélé au quotidien. La plupart des chapitres se structurent en trois parties : introduction, construction du passage et pistes de méditation. Quelques autres proposent une réflexion qui fait référence à des œuvres profanes qui manient les même ressorts littéraire ou psychologique. L’intérêt du livre réside dans le fait qu’il traverse tout la Bible en s’arrêtant sur des extraits parfois moins connus et ne fait pas de longs développements exégétiques mais mets en exergue un aspect du texte. En effet, l’objectif de l’auteur est, comme celui d’un guide touristique, d’éveiller l’attention, d’établir un contact, d’amorcer un dialogue qui pourra se prolonger, ou pas, entre l’individu et l’œuvre…Ce temps de confinement peut être un temps propice à explorer les Écritures et prendre le temps d’aller à la rencontre du Père à travers sa Parole pour se rappeler qu’il est, au quotidien, à nos côtés.


Je vous salue Marie – Méditation inédite du pape François – Bayard

Ce petit livre reprend un dialogue entre le pape François et le père Marco Pozza, théologien et aumônier de prison. Il ne s’agit pas d’une analyse théologique verset par verset de cette belle prière mais pour chaque verset, le pape répond à deux, trois questions du père Pozza illustrant le texte par des exemples du quotidien et des réflexions brèves à partir du vécu de Marie. Chaque fois, ce dialogue est nourri aussi d’un discours du pape lors de l’une ou l’autre solennité ou messe dédiées à la Vierge. Cette médiation du « Je vous salue Marie » est suivie d’une réflexion sur le Magnificat et le livre se clôture par un récit émouvant du Père Pozza sur l’importance de la mère et de notre Mère pour les prisonniers.« (…) Dieu nous surprend (…) C’est l’expérience de la Vierge Marie : devant l’annonce de l’ange, elle ne cache pas son étonnement. C’est la stupeur de voir que, pour se faire homme, Dieu l’a choisie elle, une simple jeune fille de Nazareth, qui ne vit pas dans les palais du pouvoir et de la richesse, qui n’a pas accompli des exploits, mais qui est ouverte à Dieu, sait se fier à lui, même si elle ne comprend pas tout : ’’Je suis la servante du Seigneur : que tout m’advienne selon ta parole’’ (Lc 1,38). C’est sa réponse.

Dieu nous surprend toujours, il rompt nos schémas, bouleverse nos projets, et nous dit : ’’Fais-moi confiance, n’aie pas peur, laisse-toi surprendre, sors de toi-même et suis-moi !’’ Aujourd’hui, demandons-nous si nous avons peur de ce que Dieu pourrait nous demander ou de ce qu’il nous demande : ’’Est-ce que je me laisse surprendre par Dieu, comme l’a fait Marie, ou est-ce que je m’enferme dans mes sécurités, sécurités matérielles, sécurités intellectuelles, sécurités idéologiques, sécurité de mes projets ? Est-ce que je laisse vraiment Dieu entrer dans ma vie ? Comment est-ce que je lui réponds ?’’ »


Dieu nous attend – Valentine Latapy – Cerf

Lorsqu’on lit un livre du pape, ou une vie de saint ou le livre d’un théologien, cela nous semble souvent beau mais inaccessible. Voilà pourquoi l’auteure, étudiante en pharmacie de 25 ans, a décidé d’écrire ce livre. Elle veut témoigner auprès des jeunes de son âge, de sa génération, ceux qui ont les même tracas qu’elle, qui vivent dans la même société qu’elle que vivre sa foi est possible, qu’être catholique est possible. D’une écriture fraîche et convaincue, elle aborde de nombreuses questions de foi : le baptême, la messe, la prière, le combat spirituel, le regard des autres, la vocation, le doute, l’Esprit-saint, la liberté intérieure, la sainteté, la grâce, l’accompagnement spirituel… Simple mais pertinent, un livre à glisser entre toutes les mains jeunes ou moins jeunes qui sont en recherche ou en questions.
Écoutons-la en ce temps de confinement : « Toute notre vie nous aurons des moments de désolation. Mais grâce à l’espérance, grâce à la confiance, ces moments sont moins sombres, car Dieu est avec nous, même si l’on ne s’en rend pas compte » « Cependant, si je fonde mon bonheur sur quelque chose de solide (à savoir l’amour du Christ en l’occurrence), mon bonheur ne s’écroulera pas, car l’Amour du Christ ne s’écroulera pas. Il y a aura des moments plus difficiles que d’autres évidemment, je ne dis pas que la foi efface tous les problèmes, mais la merveille qu’est l’espérance me permettra de traverser ces moments de trouble comme faisant partie intégrante de la vie, qui n’est pas toujours gaie je vous l’accorde mais ça ne veut pas dire qu’elle n’est pas belle. » « Le message que nous portons au monde est un message d’espérance. Ne perdons pas notre espérance, qui est notre force.  »


Merci, Brigitte !

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