26 avril – Evangile du 3ème dimanche de Pâques (A)

 Le soir du premier jour, Jésus ressuscité vint là où les disciples s’étaient enfermés. Il leur a donné sa Paix et l’Esprit Saint et ils en furent remplis de joie. Mais… Ils ne sont pas sortis. Comme les disciples, nous avons encore un certain chemin à parcourir pour accueillir le Mystère de Pâques dans sa plénitude. Jésus nous y accompagne pas à pas comme il l’a fait pour les deux disciples en route vers Emmaüs.


« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien. Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.


Prier l’évangile
du 3e dimanche de Pâques A

Luc 24,13-35

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  • Introduction

Après nous avoir présenté les diverses découvertes du tombeau vide, puis la rencontre entre Thomas et le Ressuscité, aujourd’hui l’Église nous propose de méditer sur la fin de ce « premier jour de la semaine » avec les deux disciples d’Emmaüs. En marche avec eux et comme eux, de quoi avons-nous besoin pour rencontrer Jésus Ressuscité, découvrir celui qui nous « libère d’une vie sans but » (1P 1,18-19) et partir annoncer, à notre tour, le Christ ressuscité?

  • Comprendre la Parole (Lc 24,13-35)
    – Quelques repères

Le chapitre 24 termine l’évangile de Luc mais pas son œuvre puisqu’il poursuit son témoignage avec le livre des « Actes des Apôtres ». Dans les « Actes de Apôtres », Jérusalem sera le lieu de naissance de l’Eglise et le point de départ de toute l’évangélisation.

Luc va faire un long récit, se déployant au cours d’une marche, « en chemin » de Jérusalem à Jérusalem, comme son évangile qui commence à Jérusalem et s’y termine. Les disciples marchent dans les pas de Jésus.

Dans l’évangile, Jérusalem est l’aboutissement d’un long chemin (dix chapitres : de 9,51 à 19,48) choisi « résolument » par Jésus (Lc 9,51) car il « faut que le Fils de l’Homme monte à Jérusalem, la ville qui tue et lapide les prophètes » (Lc 13,34). Ce « il faut » que l’on retrouve dans le récit des disciples d’Emmaüs quand Jésus, délicatement, les aide  à passer de leurs vues humaines à l’inouï du plan de Dieu.

Emmaüs est une localité qu’on n’a pas toujours  su situer avec exactitude. Et c’est peut-être bien ainsi. Ne peut-on y voir le chemin pris par l’homme – en toute bonne foi – avant d’être personnellement rejoint par le Seigneur et de recevoir par Lui et en Lui sa véritable vocation ?

Si ce récit est connu sous le nom des « disciples d’Emmaüs », c’est bien Jésus ressuscité qui en est le centre et l’acteur principal. Il rejoint les disciples sur leur route particulière, là où ils sont et comme ils sont. Et de là, il déploie les trésors de son amour pour eux et de sa pédagogie pour les inviter à cheminer.

Dans la situation actuelle marquée par les incompréhensions et les souffrances dues au coronavirus mais aussi par de formidables lueurs d’espérance, comment et où le Seigneur nous rejoint-il aujourd’hui et comment va-t-il nous rendre le « cœur tout brûlant » ?  Comment va-t-il nous envoyer retrouver les autres disciples et, avec eux, être témoins de son évangile ? »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Lc 24, 13-35

13 Le même jour, deux disciples faisaient route
vers un village appelé Emmaüs,
à deux heures de marche de Jérusalem,

14 et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

15 Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient,
Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.

16 Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

17 Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? »
Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.

18 L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :
« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem
qui ignore les événements de ces jours-ci. »

19 Il leur dit : « Quels événements ? »
Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth,
cet homme qui était un prophète puissant
par ses actes et ses paroles
devant Dieu et devant tout le peuple :

20 comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,
ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.

21 Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.
Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe
depuis que c’est arrivé.

22 À vrai dire, des femmes de notre groupe
nous ont remplis de stupeur.
Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,

23 elles n’ont pas trouvé son corps ;
elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision :
des anges, qui disaient qu’il est vivant.

24 Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,
et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;
mais lui, ils ne l’ont pas vu. »

25 Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence !
Comme votre cœur est lent à croire
tout ce que les prophètes ont dit !

26 Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela
pour entrer dans sa gloire ? »

27 Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,
il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

28 Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,
Jésus fit semblant d’aller plus loin.

29 Mais ils s’efforcèrent de le retenir :
« Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.

30 Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.

31 Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.

32 Ils se dirent l’un à l’autre :
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »

33 À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.
Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,
qui leur dirent :

34 « Le Seigneur est réellement ressuscité :
il est apparu à Simon-Pierre. »

35 À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.

  • Ecouter la Parole de Dieu et la prier

En vivant un temps de Lectio divina

(d’après la grille proposée par « PRIER LA PAROLE … pour en vivre »)

1er temps  –  Invoquer l’Esprit Saint au cours d’un bref moment de silence.

« Viens Esprit de Sagesse et d’Intelligence,
viens ouvrir nos cœurs à ta présence,
viens ouvrir notre compréhension
à ce que le Seigneur veut nous dire par sa Parole.
Accompagne-nous dans notre Lectio Divina de ce jour. 
»

Ou avec des mots personnels…

2e temps  –  Lectio

Lire le texte en silence : je repère les mots, les personnages, les mouvements, le lieu… Je me représente la scène… Je relève ce qui me parait important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3e temps  –  Meditatio

Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole.  Qu’est-ce que le texte me révèle-t-il de lui ?  Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé-e ? Touché-e ? Interpelé-e ?

Convaincu-e que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite  pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4e temps  –  Oratio/Contemplatio

Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte biblique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession…

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

5e temps  –  Actio

Il y a bien un 5e temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la lectio divina est aussi une lecture en Eglise.                        Il est bon de terminer en priant le NOTRE PÈRE qui nous replace au cœur de l’Eglise.

Proposé par le Service de la vie spirituelle


Vous pouvez poursuivre votre prière…
… avec une méditation du tableau de Rembrandt représentant les pèlerins d’Emmaüs.


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