Confession d’un jeune moine – Pépites de Brigitte

Confession d’un jeune moine

– O. Gérardin – Bayard

En ce temps de confinement, j’ai eu envie de me tourner vers un témoignage qui parle de vie cloîtrée, confinée et de vie quotidienne en communauté  pour  essayer d’y trouver des conseils pour notre vie confinée…

Confession-d-un-jeune-moineCe livre est écrit par un jeune moine bénédictin entré au couvent de Maylis dans les Landes à 23 ans et qui nous livre son témoignage spirituel à la quarantaine accomplie. Belle profession de foi qui donne un  éclairage sur la vocation pour laquelle nous priions dimanche dernier : « Car je l’ai bien peu cherché (Dieu) : il est venu à moi. J’ai ouvert ma porte, très progressivement, lorsqu’il frappait, rien de plus. J’ai laissé tomber mes peurs, une à une, lorsqu’il entreprenait de me séduire. Et maintenant, je ne fais que me rendre disponible à un dialogue, à son action en ma faveur et en faveur de ce monde. »

Son approche de la vie monastique part du plus extérieur : la visite du monastère et la lecture du sens de son organisation, au plus intérieur : sa spiritualité qui en fait aussi sa spécificité, le retrait du monde pour s’approcher du plus intime, en passant par la vie communautaire, atypique mais vécue par des gens « comme tout le monde ». Enfin la dernière partie donne le sens des trois premières car l’auteur y partage ce qui est au cœur de sa vie et celui qui en est l’essentiel : Dieu. Quatre parties donc qui petit à petit vont au cœur de la vocation monastique et du cheminement  spirituel qui, somme toute, reste assez similaire à celui de tout chrétien et donc peut nous inspirer pour notre propre conversion. Une vie toute donnée à Dieu mais qui permet un approfondissement de la connaissance de soi et une ouverture aux autres dans l’amour et le don de soi. Vie balancée entre temps personnel et communautaire, temps de travail et temps de prière, temps de silence et d’échanges, temps d’intériorité et temps d’ouverture au monde, temps d’approfondissement de la Parole, de la connaissance de soi et celle des frères,…

Je vous propose trois extraits pour nous aider à méditer en ce temps d’isolement ou de vie « envahie » par nos proches vivant avec nous :

  • Sur la cellule du moine : «  Au fond, cette cellule n’est pas totalement un espace clos ni un lieu de solitude. Dieu y est présent. Et la mémoire y convie tant de personnes vivantes ou mortes, toutes celles qui, dans une certaine mesure vivent dans le moine et qui se tiennent avec lui devant Dieu. Le monde y est ainsi présent, lui aussi, tout entier, ce monde qui par l’intermédiaire d’un frère, se tient debout face au Créateur pour être offert. La cellule monastique (comme notre lieu de vie où la solitude peut nous peser), attentive au monde, devient une fenêtre ouverte sur le Ciel, sur la Lumière de Dieu, pour la laisser pénétrer dans notre maison commune, l’illuminer, la réchauffer, donner sens à notre humanité. »

  • Sur les tensions dans la vie communautaire : « Le simple fait de vivre les uns à côté des autres avec des différences qui peuvent être antinomiques crée des situations tendues, quelles que soient les qualités et la bonne volonté de chacun. Car nous évaluons spontanément nos voisins selon des repères qui nous sont propres et ne correspondent pas aux leurs. L’incompréhension guette, les mauvaises interprétations arrivent vite ; éventuellement les jugements téméraires et, tout cela finit par constituer le lit de dissensions petites ou grandes (…) Un désaccord n’est pas forcément mauvais car il peut constituer un début de dialogue, lequel ouvre la porte à une relation plus approfondie. (…) Nous avons tous notre lot de contradictions et de tensions internes à prendre en compte et à aménager pour avoir des relations paisibles, non-conflictuelles avec ceux qui nous entourent. (…) Toutes ces tensions peuvent devenir un atout si elles débouchent sur le pardon. Car le pardon est une grande libération tant pour la vie personnelle que pour la vie communautaire. »

  • Sur le lien aux autres qui nous manque tant en ce temps de confinement : « L’homme est un être de lien, fait pour la communion avec ses pairs. Se tourner authentiquement vers Dieu doit rapprocher des autres, autant qu‘induire l’accomplissement personnel. Dans tous les cas, le but est l’apprentissage de l’amour, qu’il s’adresse à Dieu, à soi, ou à l’autre. Tout se trouve lié dans et par l’amour. C’est pourquoi une vie communautaire est essentielle au parcours monastique. Elle accompagne l’apprentissage de l’amour désintéressé de celui qui vit à côté de soi. Si elle ne conduisait pas à cette transformation intérieure, elle serait vaine. Nous sommes là au cœur de l’évangile. »

 

En parallèle, voici la présentation par Sœur Bernadette de deux autres ouvrages sur le thème de la vie monastique :

  • Une saison au Thoronet

– P. Préval – Éd. Le Seuil

20200428123955_00005l’ancienne abbaye désaffectée du Thoronet, Pauline de Préval, journaliste à la télévision française vivra une conversion intérieure. Les sœurs de Bethléem implantée dans cette abbaye depuis 1978 ont accueilli l’auteur. Celle-ci partage leurs temps de prière, vit un temps de conversion et découvre combien l’architecture du site lui parle de l’exigence cistercienne.

L’itinéraire de Pauline de Préval est fait de confidences et d’interrogations auxquelles la sagesse des Pères de l’Église apportent des réponses et l’invitent à être en tout avec le Dieu « au-delà de tout ».

  • Messagers du silence

– M. Cool – Ed. Albin Michel

Messagers-du-silenceCool, journaliste spécialiste des questions religieuses est parti pendant six mois à la découverte des monastères de France, Belgique et Suisse. Il les a visités et a vécu au cœur de vingt-deux communautés féminines et masculines de l’Eglise catholique, protestante ou orthodoxe. Il a interviewé quatre-vingts contemplatifs de tous âges et sensibilités et rencontré plus de six cents moniales et moines dans leur vie quotidienne. Ce livre relate ces rencontres qui lèvent le voile sur le mystère des monastères et révèle des femmes et des hommes amoureux du Seigneur. La vie monastique continue d’être ce ruisseau discret qui irradie le monde de la vie évangélique.

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