Avec Marie, rendre compte de l’espérance qui nous habite

Dans les lectures de ce 6e dimanche du temps pascal, Pierre nous exhorte à pouvoir manifester l’espérance qui nous habite. En ce mois de mai, entreprenons un bout de chemin avec Marie. Des prémices d’une présence en son sein jusqu’au pied de la croix et plus tard au Cénacle, elle a toujours été présente, l’espérance chevillée au cœur.

« Soyez prêts à tout moment à présenter une défense
devant quiconque vous demande de rendre raison
de l’espérance qui est en vous ;
mais faites-le avec douceur et respect. »
1 P 3, 16

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Nous voilà à Rome, ville par excellence pour voyager avec l’art dans toutes les époques de la foi chrétienne. Au cœur de l’église Saint-Ignace, construite au 17ème siècle et connue pour sa magnificence, son célèbre trompe-l’œil, son architecture où tout est signifiant, ses dorures, etc. se cache un fragment d’un tableau de l’Annonciation. Il date du 15ème siècle et se trouvait dans une ancienne église sur laquelle fut bâtie l’actuelle.

Déambulant dans la nef centrale, émerveillé par le génie des artistes, quelle surprise en tournant vers la droite de découvrir cette peinture d’un tout autre style, sans fioriture, tout en douceur. Caché derrière une colonne, ce fragment serait-il là une allégorie de la discrétion de Marie ? Toujours présente, fidèle à son Oui initial, mais laissant à son fils la première place.

L’espérance qui est en vous…

Voyez la main gauche de Marie, posée sur son cœur. À la source même de son oui, là où se trouve bien ancrée son espérance, son attente de la venue d’un sauveur. Déjà attentive au Souffle qui l’habite, elle accepte d’être celle par qui cette espérance peut advenir.

Sa main droite ouverte nous dit sa disponibilité à accueillir ce qui vient, non sans questions -les évangiles nous le disent- mais avec cette confiance ancrée profondément en elle : Dieu veut continuer son alliance avec nous, commencée avec Abraham et il va le faire en nous donnant un sauveur. C’est dans cette espérance sans doute qu’elle va puiser son oui, à la demande incroyable de Dieu, de faire d’elle la mère de son fils.

Quelle belle manifestation de l’espérance qui habitait Marie : répondre oui à l’appel de Dieu, dans sa vie, sans demi-mesure.

Et moi, où se trouve mon espérance ? Est-elle à la source de ma confiance, de mes aspirations ?

À quoi m’appelle l’espérance qui m’habite : à quoi suis-je invité, dans le concret de ma vie d’aujourd’hui à répondre oui ?

Notre monde et sans doute chacun de nous avons aujourd’hui, plus que jamais, besoin de cette espérance. En ce temps pascal, trouvons-nous, prenons-nous le temps d’aller puiser à la source de celle-ci ? Marie nous l’indique, il n’est pas nécessaire d’aller chercher bien loin… sa main gauche posée sur le cœur.

Faites-le avec douceur et respect…

­­C’est bien cela que ce tableau inspire, une grande douceur : le choix des couleurs, l’attitude de Marie, les traits de son visage.

Marie, par sa retenue, le visage un peu penché, se mettant comme en retrait, manifeste le respect que lui inspire cette demande. Devant elle, à travers l’archange, elle entrevoit Dieu, son maître et Seigneur. Point de bravade ni de gloriole, non, une belle et sainte humilité devant plus grand qu’elle.

Peut-être aussi avons-nous besoin de ce rappel aujourd’hui, l’homme n’est pas tout puissant. Il reçoit en son sein, en son cœur, la présence de Dieu. Mais il est invité, comme Marie, à s’incliner, à se prosterner devant cet Infini.

Aujourd’hui, l’homme a perdu de sa superbe et de sa toute-puissance… et si c’était pour mieux retrouver le chemin de la douceur et du respect infini que chaque homme devrait nous inspirer. Dans la rencontre de l’autre, et qui plus est du Tout-Autre, nous devons apprendre à ôter nos « sandales devant la terre sacrée de l’autre »[1].

C’est alors que nous pourrons manifester, vivre, dire parfois, l’espérance qui nous habite.

La douceur n’est sans doute pas la vertu la plus prisée aujourd’hui, dans notre monde marqué par les exclusions de toutes sortes, par la domination, la loi du plus fort. Mais c’est une vertu aussi tenace et puissante que l’espérance et elle se manifeste, dans ces jours plus difficiles, de bien des manières dans la créativité. Puissions-nous en revêtir nos paroles et nos actes. Nous avons tant à y gagner. Marie peut nous inspirer de bien des manières, au-delà de ce tableau : Marie qui donne la vie, qui accompagne son fils, qui le perd et le cherche, qui garde tout cela en son cœur, qui lui parle avec douceur aux noces de Cana, qui est là, avec tant de tendresse au pied de la croix…


Pour prier en musique : 

 

Marie,
Toi qui nous précèdes sur le chemin de la Foi,
Toi que l’espérance as toujours habitée,
même au plus fort de la nuit,
Toi qui redis oui chaque jour, avec confiance ;
Marche avec nous sur le chemin de notre Foi,
Guide-nous, comme la mère que tu es, quand nos pas trébuchent,
quand la flamme de l’espérance menace de s’éteindre ;
Réjouis-toi, avec nous, quand nous osons la confiance.
Seigneur, sois béni pour le don de ta mère au monde.

Amen

Service de la Formation
Vicariat du Brabant wallon

Accéder à une proposition de « Prier la Parole… pour en vivre » pour ce dimanche


[1] Pape François, Evangelii Gaudium, n°169

Illustration : © RA – Tous droits réservés

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