Art & Foi – En Avent, avec Isaïe

Isaïe est l’un des grands témoins bibliques de la liturgie de l’Avent. Ce prophète de la nouvelle espérance nous accompagnera jusqu’à la célébration de la Nativité. Il n’aura de cesse de nous rappeler la fidélité de Dieu : le Seigneur ne tarde pas à réaliser ses promesses et à consoler son peuple. Dès lors, « soyez forts, ne craignez pas, voici votre Dieu. Il vient lui-même vous sauver » (Is 35,3…4). Aucun prophète n’avait aussi clairement annoncé la venue de Jésus, au point que saint Jérôme l’avait surnommé « l’évangéliste de l’ancien Testament. »

Pour faire connaissance avec Isaïe, tournons-nous vers cette icône conservée au monastère Sainte-Catherine, situé au pied du mont Sinaï. Ce haut-lieu de la spiritualité orthodoxe est connu pour abriter le buisson à partir duquel Dieu aurait parlé à Moïse.  Les Pères de l’Église ont vu dans le buisson ardent une préfiguration de la Mère de Dieu : Marie a donné naissance au Verbe incarné sans perdre sa virginité, comme la Parole s’est fait entendre d’un buisson qui brûlait sans se consumer.

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Sur cette icône, on reconnaît Isaïe à ses cheveux blancs et à sa longue barbe. L’iconographie le représente souvent ainsi. Généralement, il est doté d’un phylactère sur lequel est inscrite une de ses prophéties. Mais cette fois, point de phylactère ! Les mains du prophète désignent directement l’enfant que Marie tient dans ses bras. La prophétie est déjà comme devenue réalité : elle prend chair. Tendez l’oreille vers l’icône, vous entendrez : « Voici que la jeune femme est enceinte et enfante un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel  » (Is 7,14).

Homme de désir, Isaïe avait une conscience très fine de la venue du Sauveur, au point qu’ici sa prophétie prend chair. Il est représenté nus pieds : à l’instar de Moïse devant le buisson ardent, le prophète de l’Avent a ôté ses sandales face à sa vision, conscient d’entrevoir une terre sacrée, et même une terre promise. Avec huit siècles d’avance, Isaïe annonce l’accomplissement des promesses de Dieu.

Le prophète Isaïe a en effet vécu au VIIIème siècle avant notre ère, à Jérusalem où il a exercé son ministère pendant 40 ans. C’était une époque mouvementée : le prophète doit dénoncer les infidélités de la cour, mais aussi celles du peuple, chacun voulant conduire sa vie en fonction de ses propres intérêts plutôt que d’écouter la Parole du Seigneur. Isaïe prophétise le jugement et les malheurs qui vont s’abattre sur le peuple infidèle à l’Alliance (Is 1-39), mais il annonce aussi la venue d’un nouveau roi qu’il appelle « Dieu avec nous » (Is 40-66). C’est pourquoi il rassure le peuple : « ne crains pas, c’est moi qui t’aide » (Is 41,13).

Isaïe avait l’intime conviction que dans l’épreuve, Dieu n’abandonnerait pas son peuple, qu’il accomplirait ses promesses et enverrait le Messie libérateur. « Il te donnera la pluie pour la semence que tu auras jetée en terre » (Is 30,21), prophétisait-il. Car notre Dieu est amour et justice. Il « essuiera les larmes sur tous les visages » (Is 25, 8).

Face aux infidélités du peuple, mais aussi face aux ennemis de plus en plus menaçants, Isaïe annonce la venue de la consolation. « Mets-toi debout et deviens lumière, car elle arrive ta lumière  » (Is 60,1). Quand le mal semble l’emporter de toutes parts, que la tentation de baisser les bras se fait sentir, Isaïe ôte ses sandales pour clamer son espérance : le fruit de la promesse sera donné. C’est notre Dieu qui vient amener la paix, la lumière et la joie.

En cet Avent 2020 si particulier, que notre attente et notre espérance soient aussi vives et actives que celles d’Isaïe. Ecoutons-le nous exhorter aujourd’hui, comme ses contemporains du VIIIème siècle avant notre ère : « Faites confiance au Seigneur pour toujours, au Seigneur, le rocher éternel » (Is 26,4). Au fond de toute obscurité brille une lumière discrète qui vaincra nos ténèbres. En ces temps difficiles, gardons confiance : « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi » (Is 9,1). Rien n’est jamais perdu pour celui qui croit car il vient celui qui sauve tout homme. « C’est lui notre Dieu. Nous avons espéré en lui, et il nous délivre  » (Is 25,9).

Il sera roi, mais pas à la manière des hommes. Il sera vainqueur de nos ennemis, mais pas par la violence ou le miracle : notre Sauveur est un petit enfant qui vient naître humblement au cœur de nos étables. Il ne craint pas nos misères. Il ne fuit pas nos fragilités. Toujours, il vient… Dès lors, avec foi, « dans le désert, préparez une route pour notre Dieu » (Is 40,3). Changez vos cœurs et redites-lui votre « oui », à la suite de Marie, car « voici votre Dieu, voici le Seigneur Dieu ! Avec vigueur il vient. Comme un berger il fait paître son troupeau, de son bras, il les rassemble » (Is 40,9.11).

 

Service de formation
Vicariat du Brabant wallon

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