Lectio divina – Fête de saint Joseph – 19 mars 2021

« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien. Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.

En cette solennité [1] de saint Joseph, les lectures liturgiques évoquent toutes le thème de la paternité et, en particulier, celle de Dieu lui-même. La première lecture nous présente une promesse de Dieu faite au roi David par la bouche du prophète Nathan : Dieu va lui susciter un descendant au sujet duquel il affirme : « Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils » (2 S 7,1). Le psaume fait dire à Dieu au sujet de ce descendant : « Il me dira : Tu es mon Père » (Ps 88,27). La deuxième lecture parle de la paternité dans la foi qui incombe à Abraham dont les Juifs se disent descendants (Jn 8,33.39). En Jésus, nous découvrons le descendant promis dans la première lecture et dans le psaume, non pas un ‘fils’ de David que Dieu adopte par grâce, mais le Fils du Père. Et, en ce jour, nous fêtons Joseph qui l’a inscrit dans la lignée des descendants de David (Lc 1,27) et qui fut pour Jésus l’image du Père céleste sur la terre.

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 Prier l’évangile de Luc 2,41-51a

1er temps – Invocation à l’Esprit Saint

Invoquer l’Esprit Saint et prendre un bref moment de silence

Esprit Saint,
qui reposas sur la Vierge Marie
pour qu’elle devînt la Mère de Jésus,

Nous te prions :

Ouvre nos cœurs à la parole,
donne-nous d’accueillir Jésus, le Verbe de Dieu.

(p. Lucien Deiss)

Ou avec des mots personnels…


2ème temps – Lectio

  • Lire le texte en silence.

 Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Mc 2,41-51a)

41 Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.

42 Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.

43 À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents.

44 Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin
avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.

45 Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.

46 C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions,

47 et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.

48 En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit :

« Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?
Vois comme ton père et moi,
nous avons souffert en te cherchant ! »

49 Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas
qu’il me faut être chez mon Père ? »

50 Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.

51a Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis.


Pour répondre à des questions de compréhension, je peux m’aider des repères suivants.

Nous sommes au 2e chapitre de l’évangile de Luc. L’évangéliste nous fait opérer un grand déplacement dans le temps : après la présentation au Temple de Jésus nouveau-né, nous le retrouvons, 12 ans plus tard, de nouveau au Temple avec ses parents.

  • La fête de la Pâque est une des trois fêtes de pèlerinage juives : trois fois l’an [2] les juifs se rendaient à Jérusalem pour la fête qui durait 7 jours. Marie et Joseph remplissaient ce devoir religieux « chaque année » (v. 41).
  • L’année des 12 ans de Jésus est particulière. Il vient en effet d’atteindre l’âge de maturité dans la culture juive. Désormais il peut faire partie du minian, c’est-à-dire du quorum de 10 hommes nécessaire pour tenir une assemblée de prière. Il est aussi habilité à lire publiquement la Torah et en expliquer le sens. Le voici discutant avec les docteurs de la Loi [3], les ‘enseignants’, assis dans les parvis du Temple selon leur coutume. Mais les docteurs ne sont pas en train d’enseigner Jésus. Ici, avec Jésus, il s’agit d’un échange d’égal à égal : Jésus « pose des questions » (v.46) mais donne aussi des « réponses » (v.47) qui impressionnent les docteurs et les témoins de la scène.
  • Trois jours s’écoulent entre le moment de la séparation de Jésus avec ses parents et celui où ils le retrouvent. Ces trois jours de disparition, au moment de la fête de la Pâque, pointent déjà en filigrane l’événement que nous fêtons à Pâques.
  • Au reproche de sa mère angoissée, Jésus répond par un autre « pourquoi » (dans le texte grec). Étonnamment, l’absence non notifiée aux parents paraît comme naturelle à l’enfant. Au lieu de rentrer à Nazareth, à la maison de ses parents, Jésus affirme la nécessité de demeurer chez son Père, « aux affaires de son Père », comme on le traduisait avant. L’amour du Temple, lieu de présence divine, « maison de son Père », donnera aussi plus tard à Jésus le zèle qui ira jusqu’à chasser les marchands et les changeurs de l’enceinte du Temple (cf. Jn 2,15-16).
  • Nous lisons ici les premières paroles de Jésus dans l’évangile. Tout comme pour ses dernières paroles sur la croix (« Père, entre tes mains je remets mon esprit.» en Lc 23,46), Jésus n’a que le mot ‘Père’ sur les lèvres. Alors que « sa mère et son père » cherchent leur fils apparemment perdu, le jeune Jésus affirme son identité du Fils appelé à rester auprès de son Père. Une scène quelque peu analogue sera rapportée par les trois évangélistes synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) : la mère et les frères de Jésus chercheront à lui parler au comble de son succès auprès des foules. Là aussi, il relativisera les liens familiaux en leur préférant le lien spirituel avec « quiconque fait la volonté de son Père » (Mt 12,50).

Relire à nouveau le texte en silence : je repère les mots, les personnages, les mouvements, le lieu… Je me représente la scène… Je relève ce qui me parait important dans le texte. J’observe (ou devine) ce que le récit me dit au sujet de Joseph.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

 

 

3ème temps – Meditatio

Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole. Qu’est-ce que cet Évangile me révèle de lui ? Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé(e) ? Touché(e) ? Interpelé(e) ?

Convaincu(e) que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

 

4ème temps – Oratio/Contemplatio

Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte biblique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession…

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

 

5ème temps – Actio

Il y a bien un 5ème temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie. 

Lecture infiniment personnelle, la Lectio divina est aussi une lecture en Église.

Il est bon de terminer en priant le Notre Père qui nous replace au cœur de l’Église.

Service de la formation
Vicariat du Brabant wallon

 

[1] Dans le calendrier liturgique, les ‘solennités’ sont les toutes grandes fêtes de l’Église. Elles sont plus importantes que les ‘fêtes’ et les ‘mémoires’ et même que les dimanches du temps ordinaire.

[2] Au moment de la fête de Pâque (cf. Jn 2,13), à la Pentecôte (cf. Ac 2) et à la fête des Tentes (cf. Jn 7,2.37).

[3] Les docteurs de la Loi (ou légistes dans certaines traductions) sont des personnes qui, se mettant à l’école d’un ou de plusieurs ‘maîtres’, ont acquis une connaissance de la Loi, de ses commentaires et de la Tradition orale. Ils étaient interrogés pour interpréter la Loi et apporter leur avis sur la façon de l’appliquer dans les situations concrètes. On peut dire qu’ils étaient continuellement en questionnement.

3 commentaires sur “Lectio divina – Fête de saint Joseph – 19 mars 2021

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  1. Seigneur Jésus, il en est qui prétendent que tu as cherché à fuguer ! Parce que tu as voulu appartenir à notre race. « En tout semblable à nous « . Oh ! Tu as été de notre race. Parfaitement. Totalement. Mais, ce qui te guidait alors, ce n’était pas un grand souffle de liberté, un désir de ruer dans les brancards… Ce qui t’animait, c’était l’amour du Père. C’était le temple où enseignaient les Docteurs de la Loi. Nous le savons. Nous en sommes convaincus. Profondément convaincus. On ne peut que se mettre à genoux, muets d’admiration… Et pourtant, nous butons, nous achoppons, nous renâclons…
    Cela nous est difficile, Seigneur, de comprendre ton geste. Difficile d’admettre que tu aies pu accepter que Marie et Joseph te cherchent 3 jours, le coeur lourd d’inquiétude.
    Pardonne-nous, Seigneur. Sans doute, méritons-nous que tu nous redises le « Retire-toi, Satan » que tu as adressé à Pierre, ce jour-là où il refusait de te voir souffrir ta Passion. Pardonne-nous. Accorde-nous, Seigneur, nous t’en prions, d’accepter qu’elle n’ait pas été « un long fleuve tranquille », ta mission, sur notre terre des hommes. Ton chemin de croix, il a commencé avant Gethsémani ! Joseph, qui vivait de confiance, et Marie, qui « acceptait tout cela dans son coeur » l’ont compris, eux ! Ton chemin de croix, Marie l’a suivi des routes de Bethléem jusqu’à Jérusalem. Nous voudrions être avec elle, Seigneur Jésus. Tu nous y invites… Apprends-nous alors, s’il te plaît, à marcher à ton rythme. Heureux – profondément heureux ! – de consentir aux chemins que tu as choisis pour nous, sans nous entêter à garder les nôtres. Avec toi, Seigneur, dans l’Esprit, à la gloire du Père.

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