Lectio divina – 4ème dimanche de Pâques – 2021

25 avril 2021
4ème dimanche du Temps pascal – Année B

« Prier la Parole… pour en vivre » propose une écoute priante de la Parole. Elle est fondée sur la conviction que la Parole de Dieu est vivante et « prend chair » aujourd’hui dans la vie de celui qui l’accueille en vérité. Passant par une compréhension du texte, la recherche de son sens profond, elle achemine naturellement vers un cœur à cœur avec Dieu qui ne peut qu’influer sur l’agir au quotidien. Cette prière de la Parole est l’héritière d’une longue tradition appelée Lectio divina.

Ce quatrième dimanche de Pâques est traditionnellement le dimanche du « Bon Pasteur » sur lequel vient se greffer, pour la cinquante-huitième fois, la « Journée mondiale de prière pour les vocations ».

Si l’image du Bon Pasteur évoque un gentil berger, suivi de douces brebis sur des chemins bucoliques, alors le lien avec Pâques n’est pas tellement évident. Or, dès la première lecture, nous sommes bien dans le Temps pascal : « Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts » lit-on dans le livre des Actes des Apôtres (4,10). En écho, le psaume responsorial nous dit « C’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux. » (Ps 117,23) et il nous entraine à chanter « Rendez grâce au Seigneur : il est BON ! Éternel est son amour ! » (Ps 117,29). Et Jean de renchérir dans son épître : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu » (1 Jn 3,1). Ce grand amour vers lequel nos regards sont orientés au fil des lectures n’a-t-il pas été pleinement accompli sur la croix ? Oui, nous sommes bien dans le Temps pascal.

Alors, que nous révèle Jésus quand il nous dit : « Moi, je suis le bon pasteur » ?

Pour entrer dans la prière, nous pouvons écouter ce chant

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 Prier l’évangile de Jean (10,11-18)

1er temps – Invocation à l’Esprit Saint

  • Invoquer l’Esprit Saint et prendre un bref moment de silence

Notre Dieu, Père de la lumière,
tu as envoyé dans le monde ton Fils,
ta Parole faite chair, pour te manifester à nous, les hommes.
Envoie maintenant ton Saint-Esprit sur moi,
afin que je puisse entendre ta Parole dans ce passage de l’Écriture
et rencontrer Jésus Christ dans cette Parole qui vient de toi.
Accorde-moi de le connaître plus intensément ;
et qu’en le connaissant mieux je l’aime davantage,
parvenant ainsi, à sa suite, à la béatitude de ton Royaume,
béni pour les siècles des siècles. Amen.

Monastère de Bose

  • Ou avec des mots personnels…

2ème temps – Lectio

  • Lire le texte en silence.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 10,11-18)

En ce temps-là, Jésus déclara :

11 Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.

12 Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse.

13 Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.

14 Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent,

15 comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.

16 J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.

17 Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau.

18 Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »


Pour répondre à des questions de compréhension, je peux m’aider des repères suivants.

Dans le chapitre 9, l’évangéliste Jean nous relate la guérison d’un aveugle-né. C’est là un signe qui permet à Jésus d’affirmer « Je suis la lumière du monde » (9,5). Mais c’est aussi le récit d’une rencontre personnelle à travers laquelle on découvre progressivement qui est Jésus. Témoignant devant les pharisiens, l’aveugle guéri parle d’abord de « l’homme qu’on appelle Jésus » (9,11). Mais, finalement, face à Jésus, il laisse jaillir une belle profession de foi : « Je crois, Seigneur ! » et il se prosterne devant lui (9,38). Par contre, les « yeux » de beaucoup de Juifs, de pharisiens restent fermés. Alors, Jésus procède autrement et il leur affirme : « Je suis la porte (de l’enclos des brebis) » (10,9). Et dans l’évangile de ce dimanche, il poursuit avec une autre affirmation le concernant. Mais ces paroles continuent à diviser les Juifs (10,19). Plus exactement, elles appellent à une détermination : croire ou pas en Jésus ; reconnaitre ou pas qu’il est le Messie annoncé. « Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ? » disent les Juifs. « Si c’est toi le Christ, dis-le-nous ouvertement ! » (10,24). Pourtant, tout n’a-t-il pas été dit ?

L’évangile de ce dimanche est inséré dans ce questionnement.

  • « Je suis le bon pasteur », proclame Jésus. « Je suis », ce sont les deux mots utilisés par Dieu quand il révèle son nom à Moïse au Buisson ardent (Ex 3,14). Jean, au long de son évangile, reprendra plusieurs fois cette formule pour révéler qui est Jésus : ainsi «je suis la lumière du monde » (9,5) mais aussi « Moi, je suis le pain de la vie » (3,35) ou « Moi, je suis la vigne » (15,1).
  • « Je suis le bon pasteur, je suis le vrai berger » : est-ce une répétition ? Y a-t-il une différence entre ces deux appellations ? « Le grec répète en fait la même expression, traduite ici de deux façons différentes pour tenir compte du langage concret et de l’usage traditionnel. Les deux adjectifs ‘bon’ et ‘vrai’ cherchent à rendre les sens possibles du grec ‘kalos‘. » nous disent les commentaires de la ‘Bible – Traduction officielle liturgique’.
  • « Je suis le bon (le vrai) pasteur », dit Jésus par deux fois, comme pour insister. La bonté est l’essence même de Dieu ; « Personne n’est bon, sinon Dieu seul » (Mc 10,18).
  • Le berger est une figure omniprésente dans la Bible. Dans l’ancien Testament, il qualifie des grands personnages tels Moïse et David, des chefs politiques ou religieux du peuple d’Israël. Mais aussi et surtout, l’image du berger évoque Dieu lui-même, ainsi que le chante le psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger ». Mais il y a encore bien d’autres passages où nous retrouvons cette image au sujet de Dieu. Ainsi, dans l’épreuve, le peuple crie vers Dieu : « Berger d’Israël, écoute, toi qui conduis Joseph, ton troupeau : resplendis au-dessus des Kéroubim, devant Éphraïm, Benjamin, Manassé ! Réveille ta vaillance et viens nous sauver. » (Ps 79,2.3).

Ou encore, lorsque les difficultés vécues par le peuple d’Israël, bien souvent dues à l’infidélité et aux erreurs de ses responsables, le conduisent au découragement. Alors Ézéchiel va prophétiser : « Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. (…) C’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer, – oracle du Seigneur Dieu. » (Ez 34,11.15).

Le berger est aussi présent dans le nouveau Testament : par exemple, voyant la foule, Jésus est pris de compassion car « ils étaient comme des brebis sans berger » (Mc 6,34). Il y a aussi le berger partant à la recherche de la brebis perdue (Lc 15,3-7). C’est d’ailleurs avec cette même image que Jésus confie sa mission à Pierre : « Sois le pasteur de mes brebis » (Jn 21,16).

  • Le bon pasteur connait ses brebis : dans la bible, le verbe ‘connaitre’ relève souvent d’une relation très forte, marquée par l’amour, une véritable communion. La connaissance du bon berger pour ses brebis trouve sa source dans l’amour qui unit le Père et le Fils.
  • « Elles écouteront ma voix », dit Jésus. Qu’elles soient ou non de ‘l’enclos’, les véritables brebis écoutent la voix du berger et… elles le suivent (10,27). Et, parce qu’elles écoutent l’unique Parole de Dieu, « il n’y aura qu’UN seul troupeau et UN seul pasteur ».
  • « Je donne ma vie », cette affirmation est reprise cinq fois ! Le verbe grec utilisé signifie « déposer », « se dessaisir ».
  • « Voici le commandement que j’ai reçu de mon Père » peut se comprendre : c’est le projet d’amour du Père pour tous les hommes auquel Jésus consentira pleinement : « Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! » (Mc 14,36).

Relire à nouveau le texte en silence : en quels termes Jésus parle-t-il du bon pasteur ? Quelles sont les différences entre le bon berger et le mercenaire ? Quelles sont les conséquences de leur comportement sur les brebis ? Je me place parmi les auditeurs de Jésus… Je relève ce qui me parait important dans le texte.

Cette étape revêt un caractère plus studieux mais est importante pour « scruter » le texte biblique et lui permettre de véritablement me parler. « Que me dit le texte ? »

3ème temps – Meditatio

Relire lentement le texte : je regarde Jésus. Il me parle à travers cette Parole. Qu’est-ce que cet Évangile me révèle de lui ? Quelle est la foi qui s’y exprime ? Comment ce témoignage de foi résonne-t-il en moi ? Qu’est-ce qui me rejoint aujourd’hui ? En quoi suis-je éclairé(e) ? Touché(e) ? Interpelé(e) ?

Convaincu(e) que cette Parole de Dieu s’adresse à moi pour aujourd’hui, je ne me précipite pas pour rechercher des applications concrètes immédiates. Je ne me fixe pas sur moi-même mais sur Dieu en ayant une lecture christocentrique et en m’attachant d’abord à contempler la grandeur et la beauté du Mystère révélé.

4ème temps – Oratio/Contemplatio

Relire le texte lentement et laisser monter ma réponse, une prière nourrie des paroles du texte biblique et véritable cœur à cœur : je laisse mon cœur parler librement à Dieu, dans la louange, la demande de pardon, la supplication, l’intercession…

Il ne faut pas avoir peur de consacrer du temps à cette étape. Donner le temps au temps… pour permettre une adhésion du cœur. Le laisser s’ajuster à la disposition intérieure du Christ.

5ème temps – Actio

Il y a bien un 5ème temps, car en prolongement à ce temps de prière et par « la grâce de Dieu », la Parole prendra chair dans le concret de ma vie.

Lecture infiniment personnelle, la Lectio divina est aussi une lecture en Église.

Il est bon de terminer en priant le Notre Père qui nous replace au cœur de l’Église.

Vous pouvez clôturer votre prière en écoutant ce chant

Service de la Vie spirituelle
Vicariat du Brabant wallon

Illustration d’entête : © Vicariat du Brabant wallon – DR

Un commentaire sur “Lectio divina – 4ème dimanche de Pâques – 2021

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  1. Tu es le Bon Pasteur, Seigneur Jésus. Le vrai berger. Non pas celui, aux yeux rêveurs… celui qui joue du pipeau… celui de nos albums d’enfants sages. Non, tu es celui qui « connaît ses brebis ». Celui pour qui les brebis « comptent vraiment ». Celui qui « donne sa vie pour ses brebis ». Nous le croyons, Seigneur; et, nous te louons d’être ainsi l’image du Père.
    Mais, tu le sais, cela nous arrive d’être indociles ou rebelles. De vouloir en faire à notre guise. De vouloir partir loin des chemins battus et du devoir austère, pour nous enivrer d’un grand ciel de liberté et de fantaisie. Tu le sais et… tu nous regardes… Même si nous avons lâché ta main, tu ne cesses de nous regarder… Et quand la vie déçoit, tu es toujours là. Tu es toujours avec nous, quand tout nous fait mal. Parce que tu es le vrai berger… Tu tends la main. Sans te lasser. Et, nous feignons de ne pas la voir, ta main. Nous feignons de ne pas te voir, toi. Mais, tu ne t’enfuis pas, en haussant les épaules. Murmurant que c’est bien fait, que c’est cela que nous avons voulu… Merci, Seigneur Jésus. Parce que tu es le vrai berger, tu refuses de faire notre métier d’homme. Tu ne fais pas les choses à notre place. Tu nous respectes jusque là. Merci, Seigneur Jésus… Tu ne dédaignes personne. Tu attends. Tu attends longuement. Tu attends patiemment. Tu attends amoureusement que nous acceptions de te rejoindre. De prendre la main que tu nous tends. Merci, Seigneur Jésus. Sois loué d’être toujours celui qui fait le premier pas, celui qui aime davantage. Sois loué de nous avoir aimés jusqu’à la Croix. Sois loué parce que tu es le vrai berger, Seigneur.
    S’il te plaît, apprends-nous combien tu nous aimes. Même rebelles, même incorrigiblement ingrats. Apprends-nous combien nous comptons vraiment pour toi, toi le vrai berger. Et donne-nous, nous t’en prions, de pouvoir t’accorder la plus grande joie qui soit : celle de nous oublier, pour t’aimer. Pour aimer avec toi. Toujours et de plus en plus. Dans l’Esprit. A la gloire du Père.

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