Redécouvrir la prière du chapelet

Dans un quotidien agité, avec des journées bien remplies, nous sommes à la recherche de moments pour souffler, ralentir le mental, être bien là ici et maintenant. Nous faisons tous l’expérience de l’esprit qui s’envole, des moments où nous ne sommes pas présents à nous-mêmes, à notre corps, à nos émotions.

Un antidote à la fébrilité de la vie quotidienne qui nous sollicite, aux divers stimuli qui nous parviennent, se trouve dans l’apparente passivité corporelle et dans la répétitivité qui calme l’esprit et le recentre. Plusieurs grandes traditions religieuses ont mis en place des méthodes de prière, de concentration, d’unification du mental et du corporel qui procurent un arrêt bienfaisant d’activités et permettent de nous (re)connecter à Dieu : réciter les noms de Dieu (islam), adresser des invocations, des courtes phrases à la divinité (bouddhisme ou hindouisme) ou s’adresser à Dieu par un intermédiaire (chez les catholiques et les orthodoxes). Ces prières, reprenant les extraits des écrits sacrés, reposent sur la foi que la répétition d’une parole met notre être en communication avec un Être suprême ou Dieu, qu’elle nous permet de participer à sa divinité. En plus du support verbal, qui recentre notre mental, ces prières peuvent s’accompagner des visualisations ou de la méditation des paroles prononcées. Elles ont un support matériel : des grains enfilés sur un cordon en forme de cercle, que l’on égrène. Le chapelet catholique en fait partie.

À la lumière de tout cela, on peut revaloriser la pratique très ancienne de la récitation du chapelet dans l’Église. Sa spécificité est double. Premièrement, il ne s’adresse pas directement à Dieu mais à Marie, mère de Jésus, et, par son intercession, à Dieu.[1] Bénéficiaire d’une destinée exceptionnelle dans l’histoire de l’alliance de Dieu avec son peuple, Marie, humble servante, a été emportée au ciel avec son corps et son âme. Loin de mettre Marie à l’égal de Dieu, la prière du chapelet exprime la confiance du baptisé dans l’intercession de Marie, à l’image de son intervention auprès de Jésus aux noces de Cana (Jn 2). Saint Louis Grignon de Montfort parle de Marie comme d’un canal de grâces : tout comme Jésus est venu en ce monde par elle, les grâces de Dieu passent par elle pour nous atteindre. C’est Dieu qui l’a choisie pour être ce « canal » privilégié du moment où en elle et par elle le Fils de Dieu a rejoint l’humanité.

La deuxième spécificité de la prière du chapelet réside dans le fait que – tout en s’adressant à Marie, avec les paroles bibliques de l’ange Gabriel (Lc 1,28) et d’Elisabeth (Lc 1,42) – il s’agit de méditer sur les ‘mystères’, c’est-à-dire les événements de la vie de Jésus. De cette manière, nos lèvres répètent des Ave et notre intelligence s’emploie à imaginer et à méditer des scènes bibliques. Cela se fait individuellement ou bien avec d’autres personnes, notamment en famille.

Bible, Rosaire, Troisième, Cruz, Jésus

Bien évidemment, la prière du chapelet est une prière animée par la foi. La récitation des paroles bibliques n’a pas d’effets magiques et il ne s’agit pas d’atteindre la divinité par une opération de notre esprit, comme c’est le cas dans l’hindouisme par exemple. Le chapelet concrétise les paroles de Jésus à sainte Catherine de Sienne : « Occupe-toi de moi et je m’occuperai de toi ». Ceux qui prient le chapelet font l’expérience que pendant qu’ils sont occupés par la prière, le Seigneur œuvre dans leurs vies et dans le monde. Les fruits de la prière du chapelet ne se limitent pas à telle ou telle demande exaucée. Nombreux sont ceux qui témoignent que la récitation du chapelet leur donne la paix, la force dans la vie quotidienne, les prédispose à une plus grande charité envers le prochain… Cela ne se prouve pas mathématiquement, mais est de l’ordre d’une expérience spirituelle qui nous transforme de l’intérieur.

Le pape François nous invite chaque année au mois de mai, traditionnellement consacré à Marie, à prier le chapelet, seul, en famille ou en communauté. En 2021, il propose de prier le chapelet « pour invoquer la fin de la pandémie et la reprise des activités sociales et professionnelles », notamment en se joignant aux retransmissions de cette prière, tous les jours à 18h et chaque fois à partir d’un des 30 sanctuaires mariaux répartis un peu partout dans le monde.

Pour aller plus loin 

Service de la Formation
Vicariat du Brabant wallon


[1] Cela exprime notre foi en la communion des saints, c’est-à-dire dans cette réalité spirituelle qui nous permet d’être en contact, par la biais de la prière, avec ceux qui nous ont précédés. Particulièrement avec les saints en qui l’Église a reconnu l’action de la grâce de Dieu et leur capacité à implorer efficacement Dieu à nos intentions.

Photos 1 et 3 – Pixabay

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